Amener sa famille à marcher avec Dieu

Jim Gaffigan, un comédien américain, plaisante en disant qu’il y a des moments où il ne se sent pas qualifié pour être parent : « Ce sont les moments lorsque je suis éveillé! » dit-il. Qui est à la hauteur d’une telle tâche? De plus, nos petites personnes (nos enfants) nous en font vivre de toutes les couleurs. Nous sommes imparfaits dans un monde imparfait. Nous sommes pécheurs avec des enfants pécheurs dans un monde de péché.

Élever ses enfants en 5 étapes faciles?

C’est donc normal qu’il y ait toutes sortes de livres et d’articles utiles avec des titres tels que « 10 façons d’être un meilleur parent » ou « Les 3 meilleurs trucs pour être une bonne mère ». Nous voulons remédier au problème perçu. Nous cherchons quelqu’un qui nous dise quoi faire. En tant que parents chrétiens, nous voulons amener notre famille à marcher avec Dieu.

Nous habitons dans une société de technique, mais nos enfants ne sont pas des produits qu’on forme avec une certification ISO. Un jour, une mère exaspérée de mon église a suggéré en plaisantant : « Il faudrait que j’amène mes enfants vivre chez vous quelques semaines! ». Elle s’imaginait que ce que son pasteur faisait avec ses enfants s’appliquerait intégralement aux siens avec les mêmes résultats.

Si vous amenez vos enfants chez nous, ils ne seront pas nécessairement plus heureux. Je me rappellerai toujours la première fois que j’ai lancé joyeusement mon jeune neveu dans les airs. Il était terrorisé! Ce n’était pas quelque chose que son papa faisait. Une autre fois, à l’approche de l’Halloween, je suis entré chez moi en rugissant et revêtu d’un masque de dinosaure acheté dans une friperie. Mes enfants riaient et criaient de joie. Une petite fille que nous gardions était agrippée à la table de cuisine en tremblant sur la chaise. Ce n’était vraiment pas son genre d’activité.

Ce ne sont donc pas seulement des activités toutes faites, ni des discussions mémorisées dont on a besoin pour amener sa famille à marcher avec Dieu. Ce sont des principes dont nous avons besoin. Quoique certains trucs et habitudes peuvent aider et faciliter notre tâche, le pourquoi de la chose doit précéder le comment.

Dans le livre d’Osée, le prophète encourage ses auditeurs par la parole suivante « Car je prends plaisir à l’amour bien plus qu’aux sacrifices, à la connaissance de Dieu bien plus qu’aux holocaustes » (Osée 6.6). Même dans notre relation avec Dieu, il faut aller plus loin que les gestes et rituels. Le message de l’évangile n’est pas « soyez bons », mais « soyez réconciliés avec Dieu ». 

1. C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle

Le psalmiste Asaph, en méditant sur la parentalité, explique que ce que nous voulons faire connaître à nos enfants, ce sont les grandes œuvres de Dieu que nous avons vécues ou connues. Celles-ci démontreront à nos enfants la fidélité de Dieu à notre égard et le secours qu’il nous a porté, afin qu’à leur tour ils apprennent « à mettre leur confiance en Dieu » (Ps 78.7). Si notre propre vie n’est pas alignée sur celle de Dieu, si nous n’avons aucunement vécu avec notre sauveur, ou si nous n’avons pas expérimenté son amour, quelle puissance auront nos mots? Quel exemple pourrons-nous démontrer?

Le Dieu trinitaire et relationnel a voulu partager sa joie de l’amour qu’il entretient en lui-même avec nous. Pour que nous célébrions la gloire de sa grâce et pour que son amour soit rendu encore plus manifeste, il a donné Jésus Christ le Fils éternel à la croix. Nous méritions le châtiment, et il a pris notre peine. C’est dans cette relation que nous voulons marcher et c’est dans cette relation que nous voulons être suivis.

Nous avons besoin d’être témoins de l’amour que Christ nous a porté. Nous avons besoin d’être remplis par lui « jusqu’à en déborder, d’amour les uns pour les autres et envers tous les hommes » (1 Th 3.12). Comme cela, nous pourrons être un exemple d’amour, comme ceux qui nous ont précédés l’ont été pour nous (1 Th 3.12b; Ps 78.3). Il n’y a que la vie qui puisse produire la vie, et celui qui enseigne doit s’attacher à son enseignement.

2. Recherchez […] la sainteté, sans laquelle personne ne verra le Seigneur.

J’ai eu l’immense bénédiction et grâce d’être né dans une famille chrétienne. Mes grands-parents paternels et maternels étaient activement impliqués dans la vie de leurs églises. Mes souvenirs d’enfance sont remplis d’images de mes parents et de mes grands-parents qui me lisaient des histoires bibliques, qui priaient avec moi avant le coucher, qui expliquaient la Bible et l’éthique chrétienne autour de la table lorsqu’on mangeait en famille.

Cependant, ce dont je me rappelle le plus ce n’est pas un enseignement ou une activité de culte familiale en particulier. Ce qui reste marqué dans ma mémoire c’est l’attachement que mes aïeux portaient envers les choses de Dieu. Je vois mon père et ma mère assis dans le salon en train de faire leur propre culte personnel sans moi ni ma fratrie. J’entends la révérence et le profond respect porté par mon grand-père paternel toutes les fois qu’il s’adressait à Dieu en prière. Je me rappelle ma curiosité et mon étonnement d’entendre mon grand-père paternel porter jour après jour les membres de son église devant Dieu en prière. Je me rappelle comment les rencontres d’église primaient sur tout autre événement ou circonstances. Si nous étions en vacances loin de la maison ou en voyage, nous nous arrêtions le dimanche matin pour adorer Dieu en musique et en écoutant sa parole. Un jour de tempête de neige terrible (il y avait une banquise de cinq pieds de neige dans notre entrée), mon père avait commencé à déneiger l’auto jusqu’au moment où notre pasteur nous appelle pour dire qu’il avait annulé la réunion!

Nos enfants ont besoin de voir notre piété, c’est-à-dire notre attachement à Dieu et aux choses de Dieu. C’est cela la vraie sainteté, la consécration à Dieu et à ces choses qui le concernent. Ce que j’espère transmettre à mes enfants n’est pas une méthode d’étude biblique ou un culte familial en quatre étapes – c’est une relation avec Christ. Ce que je veux que mes enfants se rappellent lorsqu’ils grandiront, ce que je rêve qu’ils disent : « Mon père était vraiment fou de Jésus, il ne se taisait jamais à son sujet. »

3. Les anciens sentiers

Pendant plusieurs années, j’habitais à Chicoutimi et je travaillais à Jonquière, des arrondissements de Ville Saguenay. Lorsque j’ai commencé à travailler pour mon église dans l’arrondissement de La Baie, j’ai eu quelques problèmes d’adaptation. À de nombreuses reprises, j’ai été embarrassé de me rendre compte lors de mon itinéraire matinal que j’étais à mi-chemin vers mon ancien lieu de travail. Les sentiers battus sont plus faciles à naviguer. Ce sont ces sentiers que nous devons préparer (ou baliser; Jé 31.21) pour nos enfants.

Nous ne pouvons assurer le salut de nos proches, ni même de nos enfants. Ce que nous faisons c’est de les préparer pour le jour potentiel où le Seigneur les rencontrera. Nous piétinons, pas après pas, les mêmes lieux, les mêmes sentiers vers Christ. Nous y voyageons jusqu’à en faire des sillons comme des ornières sur une route passante. 

Quelques fois, nous aimerions tout contrôler; mettre un collet autour du pied de l’enfant pour qu’il ne tourne qu’autour de l’arbre dans la cour. Nous ne pouvons attacher nos enfants, mais nous pouvons leur défricher un chemin. Nous leur apprenons à s’orienter dans la forêt grâce à une boussole et le soleil. Ils apprendront à reconnaître les pistes, les anciens sentiers (Jé 6.16). Ils devront apprendre à observer et écouter à leur tour, et un jour ils auront la responsabilité de marcher seuls. C’est de cela que parle le livre des proverbes au chapitre 2 en parlant de sentiers de justice, de droiture, de sagesse. C’est vers cela que les proverbes pointent en disant « Éduque l’enfant d’après la voie qu’il doit suivre! Même quand il sera vieux, il ne s’en écartera pas. » (Pr 22.6)

Conclusion

Il n’y a pas de recette magique pour éduquer nos enfants et diriger notre famille. Nous sommes des gens brisés dans un monde brisé. Certains d’entre nous partent déjà avec des désavantages: nouveaux chrétiens, un(e) conjoint(e) non croyant(e), famille reconstituée ou famille monoparentale. Ces défis semblent grands pour nous et ils le sont. Cependant, notre Dieu est plus grand encore.

Celui qui a fendu la mer et le rocher au désert (Ps 78.13-16) est toujours celui qui appelle les hommes, les femmes ET les enfants à lui (Mc 10.13-16). Ces histoires et les témoignages de ceux qui nous ont précédés peuvent encore nous pousser à vivre confiants de sa présence et de sa force (1 Co 10.1-4,11, 13) au bénéfice de ceux qui nous suivront! Nos détresses et son secours contribueront à la gloire qui est destinée à ceux qui viendront à notre suite (Ep 3.13). Marchons donc fidèlement devant eux!

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Aaron Schroeder-Tabah est pasteur à l’Église La Bible parle, au Saguenay. Il travaille de concert avec le pasteur principal dans la prédication et l’accompagnement spirituel. Sa femme Cynthia et lui ont cinq enfants.