La formation de disciples : Ce Jésus qui transforme nos pensées

Lorsque nous pensons à la formation de disciples, nous avons le réflexe de penser à comment nous pouvons avoir un impact sur la vie des autres, mais nous oublions souvent une fondation essentielle: comment Jésus a eu un impact sur nos propres vies. La formation de disciples n’est pas seulement ce que nous pouvons faire pour les autres, mais bien ce que Jésus a fait pour nous le premier. Comprendre le processus de transformation qui se produit en nous devient un point de départ pour la formation des autres. Bien de gens citent la Bible, mais c’est seulement lorsque nous sommes habités par l’Esprit de Christ que nous pouvons saisir les enseignements profondément spirituels des Écritures. Les premiers disciples de Jésus avaient une bonne connaissance des écrits de l’Ancien Testament, mais ils avaient besoin que Jésus touche leur intelligence pour qu’ils puissent saisir toute la vérité de la Bible.

Le but de cette série d’articles

Le but de cette série d’articles est de définir le concept de la formation de disciple. La formation de disciple est bien plus que l’annonce de l’Évangile, c’est un processus continu d’accompagnement, de formation et de transformation prenant place dans la vie active de celui qui a rencontré le Christ ressuscité. Dans l’article précédent « La formation de disciples : les fondations bibliques », nous avons établi les bases bibliques de la formation de disciples en regardant aux exemples de Jésus et de Paul. Dans cet article, nous aborderons la portion pratique de la formation de disciples : la transformation de notre pensée.

Jésus transforme l’intellect de ses disciples

« C’est une chose de croire en Jésus, mais c’en est une autre de croire ce que Jésus croyait » 1. En effet, c’est une chose de connaitre les principes bibliques de façons intellectuelles et mécaniques, mais c’en est une autre d’en faire une conviction et de vivre selon ces principes. Les récits des évangiles nous présentent l’enseignement de Jésus, sa façon de penser, sa façon de voir le monde, mais aussi sa façon d’y agir. Nous avons accès à la pensée de Christ révélée à ceux qui désirent le suivre de tout leur cœur et de toute leur pensée. Nous pouvons voir constamment dans les évangiles des disciples déroutés, perdus et confus face à l’interprétation des Écritures de Jésus. Lorsque les disciples, visiblement confondus par une parabole, vont questionner Jésus, Il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi? Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui, du dehors, entre dans l’être humain ne peut le souiller? » (Marc 7.18). Les mots de Jésus semblent durs, mais combien de fois nous sommes-nous retrouvés dans cette position, confus, embêtés et perplexes devant un enseignement de la Bible? Pour comprendre et recevoir l’enseignement de Jésus, nous devons aborder la Bible avec un cœur bien disposé, car lire la Bible autrement serait comme écouter un film avec les yeux fermés. Certes, nous pourrions en saisir une partie, mais nous serions privés de l’ensemble de l’enseignement. N’oublions jamais que Jésus est le premier intervenant dans la transformation de notre intellect.

Il transforme nos pensées et nos convictions

Le disciple de Jésus évolue dans un royaume différent, car le Royaume de Dieu fonctionne avec ses propres règles et ses propres convictions. Les disciples sont appelés à vivre dans le monde, mais ne sont pas de ce monde. Loin de moi l’idée de vouloir appliquer une vision légaliste ou moraliste de la vie du croyant engagé. Nous sommes sauvés par grâce, mais nous sommes aussi modelés et transformés par sa grâce. Nous pouvons tous constater que lorsque nous comparons les valeurs et les convictions chrétiennes, nous sommes plus souvent à contre-courant du monde qu’à l’unisson avec le monde. Avant ma conversion, j’avais des buts dans la vie, des convictions, des idéologies; j’avais des points de vue bien déterminés sur les sujets importants de nos sociétés. Ma rencontre avec Jésus a produit une transformation, progressive certes, mais un changement déterminant dans l’ensemble de mes paradigmes. Je ne pouvais plus voir le monde de la même manière. Cet article n’a pas pour objectif de vous dire quoi penser, quoi croire et quelles convictions adopter ou quelles convictions réfuter. Le but est plutôt de souligner la transformation qui prend place lorsque notre être, totalement corrompu par le péché, entre en contact avec le Dieu très Saint de la Bible. Le premier formateur par excellence est Jésus et il nous encourage à travers la formation de disciples à guider, à orienter et à mentorer les autres dans cette aventure de transformation de nos convictions et de nos pensées. C’est pourquoi Jésus appointe dans son Église des hommes et des femmes pour accompagner les disciples en formation.

Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ,  afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ.
(Éph 4.11-15)

Le Sermon sur la montagne

Lorsque nous parlons de croire ce que Jésus croyait, le sermon sur la montagne est un exemple concret de comment vivre une vie spirituelle épanouie selon la vision du monde de Dieu. L’accent n’est pas mis sur les compétences, la performance ou l’évitement des épreuves, mais sur l’attitude chrétienne mise en pratique. Les bénédictions décrites par Jésus dans cet enseignement sont fondées sur un principe simple: une vie d’obéissance à la Parole de Dieu. La grandeur spirituelle n’est pas atteinte selon un niveau de sainteté ou de connaissances brut à obtenir, mais bien par la pratique au quotidien et l’enseignement des principes du Royaume de Dieu.

Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux gens à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux.
(Matt 5.19-20)

Jésus pointe le fait que les pharisiens sont des experts de la loi. Ils la mémorisent et la connaissent d’un point de vue intellectuel, mais ils ne la comprennent pas et ne la pratiquent pas convenablement. Jésus termine le sermon sur la montagne en donnant l’image de la foi qui est comme une maison construite sur le roc. « Alors la question devient, comment construisons-nous notre maison sur le rocher? Comment nous positionner et nous préparer à vivre pour lui? Ces choix et la façon dont nous positionnons nos vies s’appellent la foi. »2

En conclusion

Jésus est donc le premier intervenant dans la transformation de nos pensées. Par cette transformation, il nous donne une nouvelle vision du monde, mais il nous pousse aussi par son Esprit à l’appliquer dans notre quotidien. La vie chrétienne n’est pas seulement intellectuelle ou académique, mais elle est aussi pratique. Ce n’est pas une accumulation de connaissances pour notre propre profit, mais c’est une connaissance transformatrice de la personne et de l’œuvre de Jésus que nous sommes appelés à vivre, à communiquer et à transmettre aux générations futures.


  1. Bill Hull, The complete Book of Discipleship, NavPress, 2006, p.130. 
  2. Bill Hull, The complete Book of Discipleship, NavPress, 2006, p.134. 
Plus de publications

Jim Pereira est pasteur à l’Église le Portail, il est le responsable de la formation de disciples. Détenteur d’un baccalauréat en Théologie Pratique de l’ITF et candidat à la Maîtrise en étude théologique au Collège Presbytérien de Montréal (McGill), il est aussi membre du Concile SOLA.