Le Dieu trinitaire nous délivre du légalisme et du libertinage : Galates 1.3-5

Environ un an après avoir implanté les églises en Galatie (Actes 13-14), Paul s’est montré très « étonné » (Galates 1.6) en apprenant que ces croyants étaient tentés d’accepter un enseignement dangereux qui contredit l’Évangile de la justification par la foi et de la vie nouvelle dans la puissance du Saint-Esprit.  

Face au double danger du légalisme (de chercher à être justifié devant Dieu par nos propres œuvres) d’un côté et du libertinage (de vivre dans le péché) de l’autre, Paul commence sa lettre aux Galates par un rappel exceptionnellement bref et clair de l’essence de l’Évangile (Gal 1.3-5).

Ces versets nous servent bien, car nous aussi avons besoin qu’on nous rappelle l’Évangile. Que le légalisme et le libertinage ne nous détournent pas de notre marche à la lumière de ce que Dieu a accompli pour nous en Christ et par l’Esprit.

La grâce et la paix

Paul commence au v. 3 par des paroles de bénédiction :

« Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ… »

La salutation de Paul, bien que rappelant les formules de salutations grecques et juives, est infusée de la profondeur et de la couleur de l’Évangile.  

La salutation grecque typique aurait été le mot grec chairein (salutations) mais Paul modifie ce mot en charis (grâce). Paul utilise le mot grâce une centaine de fois dans ses lettres. Ce mot parle de la faveur imméritée de Dieu sur son peuple, accomplie en Christ et par l’Esprit.

Paul emprunte la salutation juive shalom (paix) et le traduit par le mot grec eirene (paix). Ce mot parle de la paix que Dieu accomplit pour son peuple en Christ et par l’Esprit.

La conjonction « et » nous rappelle que cette grâce et cette paix nous viennent également de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ.

Le sacrifice rédempteur

« qui s’est donné lui-même pour nos péchés… » (Gal 1.4a)

Paul explique ensuite le fondement de cette grâce et de cette paix comme venant de Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nos péchés.

Ce don de lui-même pour nos péchés fait écho à Esaïe 53.5-6 et se répercute dans Marc 10.45. C’est le langage du sacrifice. Paul développera cette idée en Galates 3.13 : « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous – car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois. »

Il s’agit de la justification par la foi en Christ « qui s’est donné lui-même pour nos péchés ». Cette vérité réfute toute tendance au légalisme (la recherche de la justification par notre propre obéissance à la loi – une entreprise impossible).

Le but du sacrifice rédempteur

« afin de nous arracher du présent siècle mauvais… » (Gal 1.4b)

La conjonction « afin de » est une conjonction qui sert à indiquer le but d’une action.  Le but de son sacrifice est « de nous arracher (délivrer avec puissance) du présent siècle mauvais ».

Le présent « siècle » est caractérisé comme mauvais, et son usage est similaire à l’utilisation de ce même mot par Paul en Romains 12.2 et Éphésiens 1.21. Quand il dit « afin de nous arracher du présent siècle mauvais », il dit que nous ne pouvons plus vivre dans le libertinage.

Cette délivrance est accomplie par le Christ en notre faveur.

« selon la volonté de notre Dieu et Père, à qui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! » (Gal 1.4c-5)

Il y a deux choses qui ressortent : la première est que le don de soi de notre Seigneur Jésus-Christ n’est pas quelque chose qu’il a fait pour gagner la faveur du Père pour nous.  Au contraire, c’est la volonté du Père que nous soyons délivrés du présent siècle mauvais. Nous voyons que, en Christ, Dieu nous délivre du légalisme et du libertinage.

Le deuxième aspect notable est le contraste entre le présent « siècle » mauvais et la gloire du Père dans les « siècles » à venir. Dieu notre Père nous a sauvés du présent âge mauvais pour être avec lui dans sa glorieuse présence pour toujours. Paul ne peut s’empêcher d’exclamer un chaleureux « amen » en considérant ce grand avenir auquel le peuple de Dieu doit s’attendre.

Conclusion

La lettre de Paul aux Galates s’ouvre sur cette définition concise de l’Évangile. Le reste de sa lettre explique que la justification par la foi en Christ et la nouvelle vie dans l’Esprit dissipent toute tendance au légalisme d’une part et au libertinage lascif d’autre part. L’Évangile introduit un nouveau royaume de paix avec Dieu et de relations d’amour envers ceux qui nous entourent.

Les églises de Galatie avaient besoin de ce rappel et nous aussi.

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Daniel Thornton (Th.M., Dallas Theological Seminary), missionnaire avec Crossworld, a servi au Sénégal pendant 10 ans comme professeur de théologie et coach de pasteurs. Installé à Montréal depuis août 2017, il sert comme ancien à l’Église Baptiste Évangélique Emmanuel et en tant que professeur à SEMBEQ et Parole de Vie. Marié depuis 16 ans à sa chère épouse Angie, ils ont deux filles.

Published By: Daniel Thornton

Daniel Thornton (Th.M., Dallas Theological Seminary), missionnaire avec Crossworld, a servi au Sénégal pendant 10 ans comme professeur de théologie et coach de pasteurs. Installé à Montréal depuis août 2017, il sert comme ancien à l’Église Baptiste Évangélique Emmanuel et en tant que professeur à SEMBEQ et Parole de Vie. Marié depuis 16 ans à sa chère épouse Angie, ils ont deux filles.