L’âme de l’Amérique a été déchirée cette semaine par des images qui suscitent en nous, soit de la rage, de la tristesse, ou encore de honte. L’image d’un policier appuyé de tout son poids, son genou comprimant le cou de M. George Floyd qui supplie qu’on le laisse respirer ; l’image de son corps inerte sous la figure d’un policier affichant une indifférence brutale nous hantera longtemps, à juste titre.

Prions que cette image ne nous quitte pas de sitôt. Les médias jetteront leur dévolu sur une autre nouvelle, un autre scandale, mais nous ne devons pas laisser cette cruauté s’effacer de notre mémoire collective. Les feux et la casse vont s’apaiser et pourtant rien n’aura été réglé. Que faire comme chrétiens, quoi penser, comment réagir ? Quel est le rôle de l’Église de Christ devant une telle horreur criminelle ?

Pleurer, avant tout, pleurer et nous lamenter devant Dieu. La figure d’un policier qui a pour mandat la noble responsabilité de faire régner l’ordre et d’assurer la sécurité des citoyens, brutalisant ainsi cet homme, doit nous conduire à nous lamenter devant Dieu. Oubliez les casseurs, les vandales, les voyous qui ont pillé des commerces. Jamais, au grand jamais, des policiers ne devraient jamais se comporter ainsi. Tous les policiers que je connais n’agiraient jamais ainsi, mais il a suffi d’un acte criminel pour réveiller la souffrance infligée par le racisme et amener au grand jour une plaie vive parmi les hommes, au sein même d’une société qui se veut civilisée. Crier à Dieu, à genoux devant lui, voilà ce que nous devons faire avant tout. Voilà ce que l’Église de Christ doit faire premièrement.

Nous avons tous appris à pleurer sur nos propres péchés, nous avons tous appris à porter le poids de notre folie, sans cette lucidité nous ne pouvions recevoir la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ qui est venu donner sa vie pour les violents, les pécheurs de ce monde. Nous avons appris à confesser nos péchés, mais avons-nous appris à pleurer sur les péchés de notre société ? Avons-nous appris à rester offensés par le mal et la violence, par l’injustice et l’indifférence ? L’Église de Christ doit apprendre encore à verser des larmes et à s’indigner devant les péchés collectifs des sociétés qu’elle habite. Et, il ne suffit pas de nous dire que la violence et le racisme est le propre de nos voisins du Sud. Le racisme habite le cœur des humains depuis la chute, il est présent dans toutes les cultures et l’Église n’en est pas exclue. Mais avant de commencer à juger l’Église, à nous lancer dans les mea culpa, commençons par gémir et nous lamenter ensemble devant un geste d’une telle violence. Pleurons avec ceux qui pleurent, crions à Dieu le désespoir d’une telle folie, de peur de sombrer dans l’indifférence.

Nous pourrons ensuite, instruit par l’Évangile de la grâce, chercher comment contribuer, comme chrétiens, à apporter le respect et l’amour véritable autour de nous. Nous aurons le temps de nous examiner nous-mêmes. Pour l’instant, pleurons et lamentons-nous devant Dieu, le juste juge qui saura juger toutes les injustices.

Nous continuerons à réfléchir la semaine prochaine, entretemps laissons la place aux larmes…

Yanick Ethier, Pasteur église Espoir Longueuil

11 COMMENTAIRES

  1. Le problème est que ce n’était pas un crime raciste, comme pour l’affaire traoré en France et que nous avons eu a à faire face à une immense instrumentalisation et manipulation qui a généré pour le coup de véritables agressions raciste aux usa et des manifestations complétement déplacées en France..

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